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Interprète des premiers génériques  de  Goldorak, Enrique a vu ses chansons  assez vite
remplacées par celle que tout le monde connait bien, et interprétée par Noam.
Cependant, ses  chansons sont  restées par morceaux dans les premiers épisodes de la
série et n'ont donc pas été oubliées par les fans du grand robot.
Il y a quelques années, Logarythme a enfin édité  ces titres sur CD et comme les versions
longues n'existaient pas, Enrique a ré-enregistré ces deux  chansons pour l'occasion.
Depuis, il est un habitué des conventions et des concerts  de génériques (qui se font plus
rares ces derniers temps).
Nous  avons  pu  le  rencontrer  à  l'occasion  de  l'un  deux  et  il  a  gentiment accepté de
répondre à nos questions.



Animusique :  Bonjour, comment  êtes  vous arrivé sur le générique de Goldorak à la  fin des  années 70 ?
Enrique : A  l'époque, cela  s'est fait sur  un coup de  fil du responsable  des Nouvelles  éditions  Eddy Barclay.  Patrick  Vilaret  m'a  appelé, j'étais  en  tournée  dans  le  midi  au  Cap  d'Ague avec  Herbert Léonard, Christian Delagrange. On faisait des plateaux, c'était en 1978. Alors, j'ai pris un avion, un aller retour, pour enregistrer  au  studio  Hoche à Paris, avenue Hoche qui n'existe plus d'ailleurs aujourd'hui. On m'a donc appelé pour enregistrer ça, il y a plus de 20 ans maintenant.

A : Vous  aviez   déjà   fait  des  disques  auparavant ? Aviez  vous  eu  des
succès ?

E : Oui,  chez  Barclay  on   avait  sorti  quelques  mois  auparavant  "J'aime,
j'aime " qui  était  un titre de  variété  qu'avait  produit  la  maison Barclay qui
marchait bien d'ailleurs. J'étais en pleine promo de cette chanson d'ailleurs.
Sur la face B, c'était " Quand la musique arrive ", c'était un  vinyl deux  titres.
(rire)

A : Quand  vous  avez  enregistré  Goldorak, est-ce  que  ce fut une version
courte ou existe t'il une version longue ?

E : En fait, on  ne  peut  appeler ça  ni une  version courte, ni  une  version longue. C'était des bribes de phrases, il y a avait à la fois le  générique de début, avec quelques  phrases chantées, le  générique de fin  aussi  qui  était  chanté… Autant   que  je   me  souvienne, à  l'intérieur   du  feuilleton,  lorsqu'il  se transformait… il  y  avait des parties musicales chantées aussi. On peut appeler ça court ou long, mais en fait, c'était des morceaux chantés tout au long du feuilleton.
Ce  qui  est  sûr, c'est  qu'il  y  avait " Accours vers nous, Prince de l'espace " qui  en était la principale locomotive et " Va combattre ton ennemi ", c'était les deux versions par bribes dans le feuilleton.

A : Ces deux chansons ont servit à la première diffusion de générique à la série…
E : Oui, c'est ça, elles  ont  servit  de  génériques  pendant  quelques mois, ces quelques  phrases  ont servit de générique de début et de fin et ont les retrouvaient en plus dans les épisodes.
Et puis, ça  a  été  changé. Il  y  a  eu  une  autre version. Noam, sa version  était différente de celle du feuilleton. Ils l'ont collée comme générique de début et de fin à la série.

A : Vous ne vous êtes senti frustré de voir tous les génériques qui ont suivi alors que le votre a été mis un peu à l'écart alors qu'on l'entend toujours dans les premiers épisodes ?
E : Oui, c'est  vrai, c'est une bonne question, on me la pose assez souvent. Je ne suis pas revanchard, je ne suis  pas  quelqu'un  qui  aime  la  revanche,  de  haineux. J'étais  triste  car  j'aime profondément Goldorak, lorsque je l'ai  interprété, j'ai trouvé que  c'était original, que c'était bien, que  c'était une  belle animation, une  belle  chanson. Et  j'étais triste  comme lorsqu'un bébé s'en va, un enfant qui part de la maison.
C'est sûr que maintenant, avec le recul, je suis très heureux  de ce qui  m'arrive, je  suis le mec le plus heureux  du  monde  parce  que  mon  bébé  est  revenu, que  le public est  extraordinaire, il me fait  un succès à chaque fois, il chante avec moi. Il y a un échange de convivialité, c'est rempli de joie et moi je n'ai accepté de chanter depuis de années que  parce que j'aime les belles chansons, je veux que ça se passe dans la fête, dans une ambiance de fête.

A : Vous seriez  prêt  à rechanter de nouveaux génériques ? Avec toutes les
sorties  vidéos, vous  pourriez  interpréter  des   adaptations   françaises  de
génériques japonais ?

E : Ca  me  botterait  vraiment, maintenant  que  Goldo  est revenu, à fait son
retour, c'est  vrai  que  je  serais  très  sensible  au  fait  d'interpréter  d'autres
génériques.  Je serais  très  fier, très heureux… Mais pour l'instant, on ne me
l'a pas proposé, mais j'en serais très heureux.

A : Est-ce  que  vous  connaissez  les  originaux  japonais  chantés  par Isao
Sasaki ?

E : Je connais très bien…. Yuke,Yuke Duke Fleed… Tobe, Tobe, Grendizer !
Oui, à l'époque, je suppose  que  j'ai  été  choisi  par  les responsables parce
que j'avais une voix qui était similaire à la version japonaise. Et comme c'est
une belle chanson qui chante, et que j'ai toujours aimé ça, je l'ai fait avec bon
cœur, que c'était haut perché, c'était vaillant, dynamique. J'adore la version japonaise !

A : Qu'est-ce que vous avez fait entre Goldorak première version et Goldorak nouvelle version ?
E : J'ai  toujours  travaillé, j'ai  eu la chance  d'entrer à  l'opéra  de Paris, j'ai  fait beaucoup d'opérette et d'opéra, beaucoup de lyrique, j'ai travaillé ma voix et j'ai fait le tour du monde.
Depuis quelques années, j'ai la chance de chanter  plusieurs langues, de  par mes  origines, puisque je suis  espagnol. L'espagnol  se  chante  très  bien  et  s'exporte. Le  français, c'est  mon  éducation, ma culture, l'anglais  scolaire. Je  me  suis baladé à travers le monde  avec ma compagnie -j'ai  monté  une compagnie il y a une vingtaine d'années- avec  ma  femme  et  on travaille avec une trentaine d'artistes, on sillonne  les  routes  de  France, de  Navarre et d'Europe parce  qu'on a  la chance d'aller chanter en Belgique, Tunisie, les Emirats arabes pour ce qui est du plus lointain. Toujours  dans  un répertoire très coloré, très lyrique et très international.

A : Depuis  la  sortie  du  CD  de  Goldorak, niveau  ventes, qu'est-ce que ça
donne ?

E : Ce  qui est  rigolo, c'est  que depuis  la  sortie du CD de Goldorak, je sais
que ça marche bien, il  n'y a pas une forte  médiatisation de ce qu'on pourrait
appeler les  chaînes publiques  parce que j'ai l'impression, et je me gène pas
pour le dire, que ça doit déranger certaines personnes. Alors, il se trouve que
des médias passionnés et amoureux de  ce style de  répertoire  nous file des
coups  de  main  énormes  et  internet s'y  est   mis,  y'as  plein de  sites, de
choses intéressantes et ça  fait une  pub terrible. J'ai  l'impression que  ça  a
l'air  de bien marcher et  grâce à de petites rivières on va faire un grand fleuve
et  je pense que  d'ici  quelques  mois les grands  médias seront obligés d'en
parler parce que c'est un phénomène dont tout le monde parle maintenant.
Quand je vois lors  des salons qu'il  y a des  milliers de  personnes  présentes et  que  chaque  concert réunis un bon millier de personnes, c'est fabuleux. C'est inévitable, ils vont être obligés d'en parler et de fait, tous  les génériques se commercialiseront  je suppose. Goldorak va faire une deuxième vie et c'est tant mieux pour tout le monde.

A : Vous aimeriez qu'on utilise votre générique pour une future édition DVD de Goldorak par exemple ?
E : Je serais fier de ça, c'est clair !

Merci beaucoup.

Interview réalisée par Olivier lors du salon Cartoonist de Paris. Merci à AJ pour son aide ^o^
Enrique a également enregistré une version chantée du thème de Superman (que Noam enregistrera aussi, décidemment... ^^ )
Le CD quatre titres d'Enrique avec ses deux versions de Goldorak accompagnées du karaoke.
Le premier succès d'Enrique